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Par Maurice Page Le

Dans Les leviers du synode, Un synode en deux temps

La famille chef d’œuvre de la société

« La famille est le chef d’œuvre de la société », assure le pape François. Il faut réfléchir sérieusement au fait que de nombreux jeune n’osent plus se marier et n’ont plus confiance en la famille. François déplore la culture du provisoire qui fait que les jeunes « préfèrent la cohabitation à responsabilité limitée ». François réfute l’explication économique, comme celle de l’émancipation de la femme. Il y voit plutôt une forme de machisme, « une façon de dire comme Adam dans le jardin d’Eden: ‘ce n’est pas moi qui ai mangé la pomme c’est la femme qui me l’a donnée!' » En fait c’est probablement cette peur d’échouer de se tromper qui est le plus grand obstacle à l’union conjugale et à la famille.

Egalité des salaires entre homme et femme

Pour le pape François, tout ce qui est humain et chrétien est social. Ainsi « l’inégalité salariale entre hommes et femmes est un pur scandale. (…) Comme chrétiens, il faut être plus exigeant sur ce point. (…) Pourquoi partons-nous du principe que les femmes doivent gagner moins que les hommes? » Le pontife souligne encore que « la maternité des femmes et la paternité des hommes, surtout au bénéfice des enfants doit être reconnue comme une réelle richesse. »

La paresse de rester dans son fauteuil

Le travail du dimanche est le thème de la catéchèse du 12 août. « Le temps du repos, surtout celui du dimanche nous est destiné pour que nous puissions profiter de ce qui ne s’achète pas et ne se vend pas », souligne François qui condamne « l’idéologie du profit et de la consommation qui voudrait aussi ‘manger’ la fête. (…) La fête n’est pas la paresse de rester dans son fauteuil, ou l’ivresse d’une invasion idiote. Elle est surtout un regard amoureux sur le travail bien fait ».

Le travail c’est sacré

Fête et travail font partie du dessein créateur de Dieu, explique François. Il dénonce alors « l’organisation moderne du travail qui a une tendance dangereuse à considérer la famille comme une gêne, un poids pour la productivité. » D’où le défi des familles chrétiennes Les familles chrétiennes qui « détiennent les fondements de la création de Dieu: l’identité et le lien de l’homme et de la femme, la génération des enfants, le travail qui domestique la terre et rend le monde habitable. La perte de ces fondements est un problème très grave, et dans la maison commune, il y a déjà trop de fissures! »

La révolution de la proximité familiale

« Chrétiens, nous devons être plus proches des familles touchées par la pauvreté », rappelle François le 3 juin. « La misère sociale touche la famille et parfois la détruit, mettant à rude épreuve les relations », souligne-t-il en pointant du doigt le manque de travail, l’insuffisance de soins et d’éducation, et bien sûr la violence et les guerres. Il dénonce aussi « les pseudos-modèles transmis par les médias, basés sur l’esprit de consommation et le culte de l’apparence, qui développent la désagrégation des liens familiaux. » Il fustige « l’économie moderne qui favorise la jouissance du bien-être individuel et exploite les liens familiaux ».

S’il te plaît, pardon, merci

« Parfois on se dit que nous sommes en train de devenir une civilisation des mauvaises manières, comme si c’était un signe d’émancipation », commente François le 13 mai. « S’il te plaît, pardon, merci sont les trois mots clés pour vivre en famille ». Pour le pape, il s’agit de bien autre chose que de politesse, mais du fondement même de la dignité humaine et de la justice sociale. « Il ne faut jamais terminer une journée sans avoir fait la paix. (…) Dans une maison où ne se demande pas pardon, on commence à manquer d’air, les eaux deviennent stagnantes. »

Les blessures de l’âme des enfants

Le pape évoque le 24 juin les blessures de l’âme liées à la rupture du lien conjugal. La séparation peut être parfois inévitable, voire moralement nécessaire. « Mais je me demande si nous ne sommes pas anesthésiés devant les blessures de l’âme des enfants (…) que certains cherchent à compenser avec des cadeaux et des friandises. (…) Quand les adultes perdent la tête, quand chacun pense uniquement à lui-même, quand papa et maman se font du mal, l’âme des enfants souffre beaucoup, elle éprouve un sentiment de désespoir. Et ce sont des blessures qui laissent une trace pour toute la vie. (…) Autour de nous, nous trouvons plusieurs familles dans des situations dites irrégulières — personnellement, je n’aime pas ce terme — et nous nous posons de nombreuses questions. Comment les aider ? Comment les accompagner ? Comment les accompagner afin que les enfants ne deviennent pas les otages du papa ou de la maman ?


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