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Par Maurice Page Le

Dans Les leviers du synode, Un synode en deux temps

L’Eglise n’abandonne jamais la famille

« L’Eglise n’abandonne jamais la famille, même quand elle tombe dans le péché ». Le 25 mars le pape François appelle à prier dans la perspective du synode « pour que l’Eglise soit toujours plus engagée et unie dans le témoignage de la vérité de l’amour de Dieu et de sa miséricorde, sans exclure personne, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur de la bergerie ».

Les divorcés-remariés
ne sont pas excommuniés

Lors de la 100e audience de son pontificat, le 5 août le pape François évoque la situation des divorcés-remariés. Il s’interroge « comment prendre soin de ceux qui, suite à l’échec irréversible de leur lien matrimonial, ont entrepris une nouvelle union ». Il livre explicitement des pistes pour le synode. « Grâce à l’approfondissement accompli par les pasteurs, guidé et confirmé par mes prédécesseurs, s’est beaucoup accrue la conscience de la nécessité d’un accueil fraternel et attentif, dans l’amour et la vérité, à l’égard des baptisés qui ont établi une nouvelle vie commune après l’échec du mariage sacramentel; en effet, ces personnes ne sont nullement excommuniées: ne les excommuniez pas! Et il ne faut absolument pas les traiter comme telles: elles font toujours partie de l’Eglise. »

« L’Eglise sait bien qu’une telle situation contredit le Sacrement chrétien. Toutefois, elle sent le devoir, par amour de la vérité, de bien discerner les diverses situations. C’est ainsi que s’exprimait saint Jean Paul II, en donnant comme exemple la différence entre ceux qui ont subi la séparation par rapport à ceux qui l’ont provoquée. Il faut faire ce discernement. »

La vie, l’amour, la mort

Face aux deuils qui touchent la famille, le pape François revendique le droit de pleurer. Il évoque en particulier la perte d’un enfant « c’est comme si le temps s’arrêtait : un précipice s’ouvre, qui engloutit le passé et aussi l’avenir. La mort, qui emporte l’enfant petit ou jeune, est une gifle aux promesses, aux dons et aux sacrifices d’amour joyeusement faits pour la vie que nous avons fait naître ». Mais la mort n’a pas le dernier mot. « Le Seigneur a vaincu la mort pour toujours et nos chers défunts ne sont pas retournés au néant », explique-t-il le 17 juin.

Les soi-disant experts
ne remplacent jamais les parents

« Beaucoup de soi-disant experts prétendent prendre la place des parents, y compris dans les aspects les plus intimes de l’éducation », déplore le pape le 20 mai. « Les familles sont accusées d’autoritarisme, de favoritisme, de répression affective par des intellectuels critiques. » Pourtant les parents « ne doivent pas courir le risque de s’exclure de la vie de leurs enfants. » A l’inverse les parents séparés ne doivent pas prendre en otages les enfants dans leurs conflits. (…) Les enfants ne doivent pas être ceux qui portent le poids de la séparation. »

Babel érige des gratte-ciels sans vie

Pour François, « l’alliance de la famille avec Dieu est appelée aujourd’hui à contrecarrer la désertification communautaire de la ville moderne. Mais nos villes ont été désertées par manque d’amour, par manque de sourire. Il y a tant de divertissements, tant de choses pour perdre du temps, pour faire rire, mais il manque l’amour. (…) Aucune ingénierie économique et politique n’est en mesure de substituer cet apport des familles. Le projet de Babel érige des gratte-ciel sans vie. L’Esprit de Dieu, en revanche, fait fleurir les déserts. Nous devons sortir des tours et des salles blindées des élites, pour fréquenter à nouveau les maisons et les espaces ouverts des multitudes, ouvertes à l’amour de la famille. »

L’Eglise n’est pas un musée

Le cycle des catéchèses de François sur la famille se clôt sur le rôle de l’Eglise qui « selon l’Evangile ne peut qu’avoir la forme d’une maison accueillante ». Le lien entre la famille et la communauté chrétienne « est pour ainsi dire, ‘naturel’, car l’Église est une famille spirituelle et la famille est une petite Église », explique le pape François le 9 septembre. « Les églises, les paroisses, les institutions qui ont les portes fermées ne doivent pas s’appeler églises, elles doivent s’appeler musées ! »

Il revient à la définition première de la famille : « L’histoire des liens d’affections humains s’écrit directement dans le cœur de Dieu ; et c’est cette histoire qui demeure pour l’éternité. Tel est le lieu de la vie et de la foi. La famille est le lieu de notre initiation – irremplaçable, indélébile – à cette histoire. »


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